sept 23
La faillite financière venue des États-Unis et le retour précipité de l’État pour sauver ce qui peut l’être a montré, s’il en était besoin, l’escroquerie permanente que constituent tous les discours libéraux sur l’efficacité du marché et la nécessité du ” moins d’État “. Inutile d’en rajouter ici, on sait très bien que ceux qui pourfendent les taxes et les impôts utilisés pour ” les pauvres ” (cf. encore l’épisode récent du financement du RSA) sont les premiers à appeler l’État à la rescousse quand il s’agit d’éponger les dégâts commis par quelques banquiers ou aventuriers de la finance. Et Tapie vous dit merci, monsieur Sarkozy !
Dans le même temps, on nous explique qu’il faut privatiser la Poste pour assurer une concurrence loyale avec les banques, mais que, bien sûr, les missions de service public n’en pâtiront pas. Qui peut en effet penser, sinon quelque mauvais esprit syndical, que la Poste privée ne se souciera pas autant de la distribution du courrier de monsieur Michaud, au fond du hameau de Trouperdu, que du contrat de distribution de prospectus avec l’entreprise Geaikrasetoux ou des objectifs mensuels de placement d’assurances vie ?
Toutes ces tristes manœuvres me rappellent un très intéressant article paru dans la respectable ” Revue française de sociologie ” au printemps dernier, dans lequel les auteurs (un anglais, un français) s’interrogeaient sur la ” révolution bureaucratique britannique “.
Leur question de départ était en effet de savoir comment, en une vingtaine d’années, des pans entiers de l’administration et des services publics britanniques, attachés à leur rôle social, s’étaient convertis au ” nouveau management public ” et ne juraient plus que par leurs objectifs ” d’efficacité “, de ” performance “, de ” classement de productivité ” et autres audits et indicateurs standardisés. Exemple : ” Comment des directeurs d’hôpitaux, piliers de l’Etat providence universaliste britannique (…) sont-ils arrivés à payer des ambulances pour faire le tour de la ville afin de diminuer le temps d’attente enregistré aux urgences le jour de l’inspection et ainsi améliorer leur note d’efficacité ? ” (p.302) Lire la suite »
juil 08
Le gouvernement a lancé ces dernières semaines une grande campagne médiatique sur le pouvoir d’achat (4.33 millions d’euros quand même…). Notre conseiller général UMP de Vienne sud, Patrick Curtaud, a apporté sa contribution en développant une de ses marottes, à savoir celle de l’exagération médiatique des problèmes de pouvoir d’achat des français.
Il faut savoir en effet que celui que vous connaissez peut-être comme maire-adjoint à la culture écrit dans son bulletin et sur son blog des “chroniques” ou “éditoriaux” qui sont souvent plus proches de conversations de café du commerce que de quoi que ce soit de culturel.
Ainsi, dans sa livraison du 4 juillet, il nous explique en substance que la consommation a augmenté en mai, ce qui veut bien dire qu’on exagère les problèmes de pouvoir d’achat et que les français ne sont pas si malheureux que cela.
Citation : ‘”Si la consommation des Français a augmenté, cela signifie quoi ? Qu’ils ont les moyens de consommer, de voyager, de sortir, de s’offrir des loisirs, même parfois des loisirs haut de gamme. Il n’était que de constater les files d’attente aux péages d’autoroutes, dans les gares ou autres lieux touristiques en mai pour se rendre compte alors que nos concitoyens consommaient, ce que les chiffres ont effectivement confirmé à la fin juin.” Lire la suite »
mai 21
En finir avec les 35 heures, travailler plus pour gagner plus, remettre la France au travail…
Vous la connaissez bien la petite chanson qu’on nous serine depuis plusieurs mois à droite. L’air est familier, il fleure le “bon sens près de chez nous” et les coups de mentons de fins de banquet. Seul problème, c’est le pipeau qui domine la fredaine !

Eh oui, quand on regarde les chiffres de l’OCDE, on s’aperçoit avec stupéfaction que les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, l’Allemagne, l’Irlande, la Suède, l’Australie, le Canada, La Belgique, le Royaume Uni, le Luxembourg, la Finlande, la Nouvelle Zélande ont une durée hebdomadaire moyenne du travail inférieure à la notre…
Des pays qu’on n’a pas l’habitude de citer comme des victimes des expérimentations socialistes.
On trouvera plus de détails sur le blog d’Intox007, qui n’a pas son clavier dans sa poche.
mai 02
Écouté ce matin un sympathique reportage de Pierre Christophe sur France Bleu Isère, sur le mai 68 “ouvrier” à Roussillon. On peut l’écouter ici sur le web ainsi que d’autres reportages évoquant le joli mois de mai d’ il y a 40 ans dans le département. Utile pour se rappeler que pour la plupart de nos parents (oui, moi je n’étais qu’un bambin alors…), ce mouvement social n’était pas une récréation intellectuelle dans le quartier latin, comme on trop souvent dépeint cet évènement, mais bel un bien un combat social qui a eu des répercussions profondes et positives pour leur travail.
Ce sont ses souvenirs qui ne doivent pas plaire à Sarkozy et à ses émules locales, eux qui se sont épanchés sur la nécessité de “rompre” avec Mai 68. Remarquez, quand on observe ce gouvernement, c’est aussi bien avec les acquis sociaux qu’avec la République gaullienne qu’ils engagent la rupture. Pas un jour sans que l’on revienne sur une protection ou un mesure sociale parfois adoptées il y a des dizaines d’années, pendant que que le chef de l’État va à l’étranger flatter les régimes autoritaires de tous bords, quand il n’est pas occupé à cirer les pompes des États-Unis. Lire la suite »
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