oct 09
A force de laisser faire ceux qui savent faire des affaires, à force de faire comme si la “bonne gestion” pouvait tenir lieu de politique, à force de faire comme si la gauche et la droite n’étaient que des convenances pour organiser la rotation entre techniciens de la chose publique, on se retrouve bien désemparé quand vient le temps des tempêtes.
Nous sommes dans une crise financière qui devient une crise économique et peut-être demain une crise sociale qui interroge un certain modèle de civilisation.
Alors, à ceux que la politique ennuie et que le congrès du PS fait rigoler, je leur demande juste de respecter ceux qui ont les mains “dans le cambouis”, qui s’usent les yeux sur des motions un peu longues, car ils seront peut-être bien contents, demain, de ne pas se retrouver seuls à barboter dans les remous du Titanic de l’économie mondiale ! Lire la suite »
oct 06
C’est la panique, les bourses plongent, les banquiers se noient, les gouvernements se réunissent en rond, l’immobilier s’effondre et la marée noire de la récession se répand sur l’économie mondiale. Ce n’est pas une crise financière de plus !
En bas, les salariés retiennent leur souffle car ils savent que c’est d’abord eux qui vont payer les pots cassés pour les dommages causés par la course au profit.
En France, alors qu’il faudrait massivement investir de l’argent public pour limiter les dégâts, le gouvernement constate impuissant qu’il a gaspillé les fonds de l’État l’été dernier, entre le bouclier fiscal et les dégrèvements fiscaux. La croissance est en berne, le chômage en hausse (”travailler plus !“, disaient-ils…), le commerce extérieur gravement déficitaire et l’endettement public bat des records.
Ah, au fait, il y a quelques jours, l’urgence était à privatiser la Poste…
Une fois de plus, la droite française démontre son incompétence économique. Il faut dire que selon une solide tradition hexagonale, bien des zélés adorateurs du libéralisme financier sont tout droit sortis des grandes écoles… de l’État !
Et après, on s’étonne qu’ils ne connaissent de la production et de l’esprit d’entreprise que ce qu’il peuvent bien en voir en touchant quelques jetons de présence dans quelques conseils d’administration… Lire la suite »
sept 24
Dans la lignée de ce que j’écris depuis quelques semaines, je voterai au congrès du PS pour la motion “changer à gauche pour changer la France“, emmenée par M. Aubry, comme de nombreux signataires de la contribution “Besoin de gauche“. Si, sur le fond des valeurs, j’aurais pu en effet choisir la motion Delanoë, cette dernière était beaucoup trop timide sur la rénovation nécessaire du PS et les nouvelles méthodes de travail à mettre en place.
Pierre Moscovici, qui pronait le renouvellement des pratiques et des générations, a curieusement choisi la motion de la continuité avec l’attelage Delanoë-Hollande, aprés s’être isolé pendant trop longtemps avec Collomb, Guérini et Valls… qui l’ont laissé en plan dans les derniers mètres en allant rejoindre Royal ! Le parcours collectif s’est ici visiblement transformé en choix personnel. Lire la suite »
sept 16
Quand est simple militant provincial “de base” comme moi, les préparatifs du congrès du PS ne sont pas plus limpides que pour tout citoyen confronté aux communiqués qui passent dans les journaux. Dans ces cas là, la meilleure solution n’est pas de partir à la chasse aux ragots, mais d’essayer de penser tout seul, quitte à se tromper. De toutes façons, pour avoir souvent côtoyé bien des responsables politiques de premier ordre, j’en ai retenu qu’ils savent eux aussi se fourvoyer en beauté dans des impasses.
La séquence actuelle, c’est donc Ségolène Royal qui met pavillon bas pour sauver ce qui peut encore l’être. Après avoir elle même attisé les braises en annonçant, très tôt, son désir de prendre la tête du PS, elle fait maintenant mine de s’apercevoir avec horreur que le feu s’est propagé. Et surtout, que ce feu ne lui est plus favorable … Lire la suite »
sept 03
C’est un peu la pagaille qui prédomine comme sentiment après l’université d’été du Parti socialiste à La Rochelle. Comme tous ceux qui n’y étaient pas, je base cette impression sur ce que j’ai pu en lire sur la toile. Ceci constaté, quand on prend le temps de laisser reposer tout ça et de faire « un pas de côté », on peut discerner quelques problématiques fortes.
D’abord, en premier lieu, si chacun reconnaît que ni Delanoë, ni Royal, ni Moscovici, ni Aubry et cie ne peuvent seuls prétendre former une majorité, les avis divergent sur la façon de reformer une nouvelle gouvernance dans le PS. On a d’ailleurs vu que tout a tourné autour de la contribution “besoin de gauche” (Moscovici-Montebourg-Cambadélis) qui concentre tous les enjeux
Certains, à l’image des Reconstructeurs, emmenés par Cambadélis, Aubry et Bartolone, envisagent de marier les courants les plus structurés pour former un bloc assez solide pour conduire le PS jusqu’à la veille des présidentielles. C’est à la fois le pari de dépasser des clivages anciens et d’ouvrir une nouvelle donne à la fois générationnelle et théorique.
Le risque est évidemment de partir un peu dans l’inconnu et de différer des choix qui devront être tranchés avant la prochaine présidentielle. Mais peut-il en être autrement ?
Ceux qui critiquent en revanche, ici, le mariage de la carpe et du lapin ferait bien de se rappeler comment Mitterrand avait constitué le nouveau Parti socialiste à Epinay, en rassemblant à la fois l’aile « droite » du parti (Deferre-Mauroy) et son aile « gauche » (CERES), contre l’appareil de Guy Mollet. Lire la suite »
août 26
Après la floraison de contributions au début du mois de juillet, le Parti socialiste va entrer dans sa phase de préparation active des motions, c’est à dire des textes qui seront soumis aux militants et dont le vote tracera le contours de la future majorité du PS. A l’heure actuelle, bien malin celui ou celle qui peut prédire quelle en sera l’issue. En revanche, cette dernière est d’importance, non seulement pour l’avenir du PS et de la gauche, mais aussi pour celui de la France (voire de l’Europe). Même si l’on est pas socialiste, il n’est pas indifférent d’avoir une opposition quasi-inaudible, comme actuellement, ou au contraire d’avoir le principal parti de gauche capable de présenter une véritable alternative aux mesures gouvernementales et d’offrir une autre lecture de la réalité politique et sociale aux citoyens.
Alors que la France s’enfonce dans la dépression économique et morale, la nécessité d’une ” autre voie “ s’affirme chaque jour davantage.
Le PS est dans une situation paradoxale où jamais, depuis 20 ans, les grandes orientations des uns et des autres n’ont été si proches, mais où les questions de méthode et de direction ont cristallisé les antagonismes au point de rendre le Parti largement impuissant au niveau national (ce qui n’est pas vrai au niveau local). C’est de là que vient cette incapacité à sortir des idées neuves ou simplement à jouer correctement son rôle d’opposant. Comme dans une équipe de football mal ” coachée “, l’animation est défaillante, chacun joue “perso” et il n’y a pas de principe de jeu clairement affirmé. L’enjeu de cet automne, c’est par conséquent d’abord d’arriver de remettre tout le monde au travail autour de certains fondamentaux, de remettre de la confiance et de libérer les imaginations sur cette base.
L’université d’été de La Rochelle, à la fin de ce mois d’août, devrait de ce point de vue marquer un moment fort d’expression des différents courants et sensibilités socialistes. Sans attendre, la période estivale a laissé voir quelques convergences significatives qui peuvent engager des dynamiques décisives pour la suite. Il semble bien en effet qu’aucun courant ou sensibilité ne puisse aujourd’hui revendiquer d’être majoritaire seul, ni même d’atteindre un seuil de 30 à 35% de voix qui permette de revendiquer un incontestable leadership. Dès lors, la question qui se pose est celle du rapprochement des porteurs des principales contributions pour créer des pôles de rassemblement ayant vocation à devenir majoritaires. Lire la suite »
juin 23
Le congrès du PS démarre véritablement en ce moment, avec le bouclage des “contributions“. C’est le tour de piste durant lequel chacun aligne ses idées et ses premiers soutiens, avant la phase des motions qui seront soumises au vote des adhérents. Durant cette période, on a de l’extérieur l’impression de rivalités et de combats sanglants. En fait, si la polémique peut faire rage, elle n’empêche pas les militants de se retrouver ensuite ensemble sur l’essentiel. C’est encore plus vrai au niveau local, où les socialistes Viennois n’exprimeront sans doute pas tous les mêmes préférences, ce qui ne les empêchera pas de continuer à militer ensemble sans encombre. C’est sans doute là une caractéristique de la gauche : on peut débattre sans concession entre nous, sans avoir besoin, comme Remiller en son temps, d’aller prendre un conseil municipal en otage pour se venger ! (cf. sa fausse démission en 2004).
Pour ma part, après beaucoup d’hésitations et après avoir lu le projet de texte, j’ai choisi de me joindre à la contribution “besoin de gauche“.
J’ai en effet attendu d’avoir lu les esquisses de textes pour me déterminer, car le choix ne me paraissait pas limpide. Comme personnalités, des gens aussi différents que Delanoë, Moscovici, Aubry voire Dray me paraissaient pouvoir faire des premiers secrétaires efficaces.
Par ailleurs, je me voyais mal choisir aujourd’hui un candidat pour 2012, tant l’exercice me paraît malsain et hasardeux. Il suffit de se rappeler comment les socialistes, voilà deux ans, ont plébiscité Royal sous la pression de sondages “unanimes”…pour se retrouver bien marris une fois l’élection venue !
La raison majeure ce sont les idées ; la contribution pose bien l’enjeu essentiel : construire une nouvelle gauche au niveau européen face au naufrage de la social-démocratie traditionnelle, là où trop d’autres textes donnent l’impression de se regarder le nombril ou de pérorer sur le Parti socialiste comme si rien n’avait changé depuis quinze ans. Lire la suite »
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