Quand l’État organise la société de marché

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La faillite financière venue des États-Unis et le retour précipité de l’État pour sauver ce qui peut l’être a montré, s’il en était besoin, l’escroquerie permanente que constituent tous les discours libéraux sur l’efficacité du marché et la nécessité du ” moins d’État “. Inutile d’en rajouter ici, on sait très bien que ceux qui pourfendent les taxes et les impôts utilisés pour ” les pauvres ” (cf. encore l’épisode récent du financement du RSA) sont les premiers à appeler l’État à la rescousse quand il s’agit d’éponger les dégâts commis par quelques banquiers ou aventuriers de la finance. Et Tapie vous dit merci, monsieur Sarkozy !

Dans le même temps, on nous explique qu’il faut privatiser la Poste pour assurer une concurrence loyale avec les banques, mais que, bien sûr, les missions de service public n’en pâtiront pas. Qui peut en effet penser, sinon quelque mauvais esprit syndical, que la Poste privée ne se souciera pas autant de la distribution du courrier de monsieur Michaud, au fond du hameau de Trouperdu, que du contrat de distribution de prospectus avec l’entreprise Geaikrasetoux ou des objectifs mensuels de placement d’assurances vie ?

Toutes ces tristes manœuvres me rappellent un très intéressant article paru dans la respectable ” Revue française de sociologie ” au printemps dernier, dans lequel les auteurs (un anglais, un français) s’interrogeaient sur la ” révolution bureaucratique britannique “1.

Leur question de départ était en effet de savoir comment, en une vingtaine d’années, des pans entiers de l’administration et des services publics britanniques, attachés à leur rôle social, s’étaient convertis au ” nouveau management public ” et ne juraient plus que par leurs objectifs ” d’efficacité “, de ” performance “, de ” classement de productivité ” et autres audits et indicateurs standardisés. Exemple : ” Comment des directeurs d’hôpitaux, piliers de l’Etat providence universaliste britannique (…) sont-ils arrivés à payer des ambulances pour faire le tour de la ville afin de diminuer le temps d’attente enregistré aux urgences le jour de l’inspection et ainsi améliorer leur note d’efficacité ? ” (p.302) Lire la suite »

  1. Patrick Le Galès et Alan Scott, “Une révolution bureaucratique britannique?”, Revue française de sociologie, 2008, n°49-2

De quelques questions de leadership au Parti socialiste

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Alors que François Hollande passe à Vienne ce dimanche 8 juin, à l’occasion de la fête de la Rose à Gémens (ouverte à tous, d’ailleurs), j’en profite pour évoquer quelques questions de leadership à Vienne comme au niveau national. Dans les deux cas, hélas, le débat sur les “têtes” est trop souvent un bon moyen d’esquiver un débat sur le “fond” des politiques publiques.

Laignel ou Binet à Vienne ?

A Vienne, la question de savoir qui de Laignel ou de Binet sera le vrai “chef” des socialistes viennois agite beaucoup la droite locale et au-delà. Lire la suite »

Ça manque de souffle…

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Bertrand Delanoë, Lionel Jospin et plusieurs de leurs proches viennent de publier un appel en vue de préparer le congrès du PS. Fidèles à leur tempérament, ils ont produit un texte sérieux et structuré, mêlant diagnostics et propositions. La démarche est plus intéressante que celle de Ségolène Royal, qui a lancé un débat sur de grands thèmes, mais sans avancer de propositions pour le moment. Or, j’attends de nos leaders qu’ils se comportent d’abord en émetteurs d’idées et pas uniquement en experts qui se proposent de réaliser la synthèse après une sorte de consultation tous azimuts. Ce qui ne signifie pas que les idées émises sont inintéressantes, mais faire de la politique, c’est indiquer une direction, arbitrer, choisir des priorités, et si nos dirigeants présents ou potentiels ne le font pas, alors qui ?

Je ne peux néanmoins que m’avouer un peu déçu par le manque de souffle de l’appel de B. Delanoë. On ne peut pas en même temps affirmer que le congrès de novembre prochain doit marquer une étape stratégique à l’image d’Epinay 71 et ne proposer qu’une sorte de programme gouvernemental. Certes, ce n’est qu’un appel, une annonce de démarche, et non pas une proposition d’orientation. Il n’empêche, je n’arrive pas à voir la vision un peu mobilisatrice escomptée. Lire la suite »

Une France bien rance

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« Ensemble, tout devient possible » avait claironné Nicolas Sarkozy il y a un an. Un slogan tellement beau que nos Remiller, Kovacs et cie avaient cru bon de le reprendre pour leur campagne municipale « Vienne acte II, tout devient possible ».

Un an après, les caisses ont été vidées durant l’été dernier, le moral des français est dans les chaussettes, la fonction présidentielle discréditée et les indicateurs sociaux sont tous dans le rouge.On pourrait en rire sur le mode du passage du « tout devient possible » au « tout était futile », si ce n’est qu’il y a derrière tout cela une politique qui enfonce chaque jour un peu plus les français dans les difficultés de tous ordres.

Le bilan complet, ce n’est pas ici le lieu de le faire. Je vous conseille de faire un tour pour cela sur l’obstiné SarkoFrance. Je voudrais juste ici relever quelques petits points. Lire la suite »

Ça va bouger au PS

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Le Parti Socialiste vient de réécrire sa “déclaration de principes“, qui sera proposée au vote des militants dans les prochaines semaines. Claire et bien écrite, elle pose clairement la nature réformiste du PS, sa volonté d’aller vers une économie sociale et écologique de marché pour le 21° siècle. Elle démontre une cohérence à gauche qui est assurément une bonne base pour demain.

Les concurrents, à gauche ou à droite, feront peut-être mine de s’en amuser, mais je les met bien au défi d’élaborer un texte comparable !

Maintenant, le plus dur est encore devant nous : réussir le congrès de novembre prochain. Il faut enfin qu’on retrouve au niveau national le dynamisme et la convivialité qu’on rencontre si souvent sur le terrain entre socialistes, comme on l’a encore vu aux municipales. Il faut enfin qu’on tranche clairement des questions de politique publique qui touchent à la vie quotidienne des français, plutôt que de se lancer dans des positionnements abracadabrants pour savoir quelle sera la couleur de la chemise du prochain candidat à la présidentielle.

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Les alliances ? C’est au fond, à gauche.

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La question des alliances a fait couler beaucoup d’encre à Vienne lors des municipales, comme elle ne manquera pas d’en susciter lors de la préparation du congrès du Parti Socialiste au niveau national.

A Vienne, certains ont voulu maintes fois “refaire le match” après le deuxième tour. Et si la liste Cédrin avait fusionné avec la liste Laignel ? Et si les Verts et la LCR avaient fusionné avec la liste Laignel ?…

C’est toujours facile d’avoir le bon “coaching” après coup. Je ne peux que répéter ici ce que j’ai dit à mes colistiers le lundi 11 mars au soir, quand nous étions tous réunis par Sylvain Laignel pour discuter de la stratégie à mettre en œuvre : quelle que soit la position adoptée, je suis bien incapable d’affirmer quelle aurait été la meilleure solution en termes électoraux. Finalement, adopter une conduite conforme aux principes affirmés à l’origine, sans alliances négociées dans les couloirs à la dernière minute, permet au moins de garder la tête haute quelles que soient les circonstances.

Dommage que les Verts, qui avaient d’eux-mêmes choisi la stratégie “autonome” dès l’automne 2007, se soient cru obligés de se répandre sur le refus de fusion de Sylvain Laignel. Au nom de quoi aurait-il fallu improviser en quelques heures un discours commun (après quatre mois de silence radio) et écarter une dizaine de colistiers pour faire de la place à des candidats Verts et LCR… qui ne voulaient entendre parler que d’une “fusion technique“, c’est à dire sans accord sur le fond ?

Ceci dit, la question reste posée pour l’avenir.

Pour la grande masse des citoyens de gauche que nous avons croisé durant la campagne, ces questions sont en effet en-deçà des enjeux qui les préoccupent en matière de logement, de pouvoir d’achat, de transports, d’éducation, d’environnement ou encore de santé. Lire la suite »

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