J’irai manifester avec mon syndicat à Paris le 19 octobre, à l’appel de 21 organisations exceptionnellement réunies dans un appel commun « un pays, une école, notre avenir ».
J’ai pourtant depuis quelques années une forte réticence à réduire les enjeux de l’éducation à des questions de crédits et de postes d’enseignants. Ma vie personnelle, professionnelle et militante m’ayant donné l’occasion de voir comment marche le système éducatif à de multiples niveaux (de l’école communale jusqu’à l’administration centrale du ministère de l’éducation nationale), je suis vacciné contre l’illusion que plus de moyens suffiraient à résoudre des problèmes tels que la démocratisation de l’enseignement.
En revanche, le gouvernement mène une politique de casse éducative vraiment sans précédent 1 depuis les débuts de la cinquième république en matière de moyens (plus de 10 000 postes supprimés chaque année par exemple) comme en matière de structures : appauvrissement des programmes du primaire, réduction des horaires, déprofessionnalisation de la formation des enseignants, concurrence scolaire, coupes sombres dans l’enseignement spécialisé (RASED), etc.
Le ministre de l’éducation, Xavier Darcos diffuse en outre des conceptions pédagogiques populistes et réactionnaires, prônant le recours à des pratiques inefficaces à rebours des leçons de toutes les enquêtes et recherches internationales sérieuses.
Il suffit de se rappeler les récentes et grotesques tirades contre l’école maternelle pour comprendre à quel niveau est tombé la droite en la matière.
Sans complexe ni honte, cela n’empêche pas notre ministre de déclarer s’inspirer du modèle finlandais, alors que tous ceux qui ont pris le temps de regarder ce qui s’y passe savent que l’école en Finlande fonctionne sur des principes inverses à ceux que promeut le gouvernement français !
Il y a un monde entre l’individualisation de l’enseignement en Finlande et les 30 minutes de « soutien-alibi» coincés, comme dans l’école de mon fils à Vienne, entre la fin de la matinée et le repas du midi…
On attendait mieux d’un ministre qui, lorsqu’il était inspecteur général, se distinguait à droite par des positions plutôt intelligentes. Hélas, sous la pression de N. Sarkozy et de son entourage, le discours s’est radicalement droitisé, causant des dégâts déjà profonds.
Aujourd’hui, il est clair que sous la double nécessité d’une offensive idéologique et d’une recherche d’économies budgétaires, l’UMP veut mettre un terme à toute une histoire progressiste de l’école républicaine, pour lui substituer un système de concurrence et d’élitisme scolaire.
Demain, c’est la cohésion sociale et l’idée même de destin collectif qui en paieront les dégâts.
Il est donc plus que temps de réagir !
- C’est dommage que certains syndicats ont auparavant usé et abusé de la dénonciation routinière des attaques « sans précédent» , simplement pour critiquer des budgets « insuffisants» , ce qui fait qu’ils n’ont plus aujourd’hui de mots à la hauteur de ce qui se produit pour de bon cette fois ! A trop crier au loup… ↩
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