Comme promis, voici quelques impressions un peu en vrac du concert de Manu Chao hier soir à Vienne. Conditions idéales évidemment : théâtre antique plein, température merveilleuse, son excellent…
Avant Manu, la Phaze a assuré la première partie, avec énergie mais aussi un son trop brouillon : on comprenait mal les paroles, ce qui est dommage pour un groupe qui privilégie les textes à tonalité “sociale” ou politique. Niveau musical, c’est bien énergique. Par moment ça m’a rappelé les Shériff. Le public était accueillant mais pas très chaud malgré leurs efforts. Le soleil n’était pas couché, et tout le monde se réservait un peu pour la suite.
Ceux qui habitent le centre-ville ont déjà été impressionnés par la clameur du public, d’après ce que m’a rapportée une amie, et sans doute par l’heure : le concert s’est terminé vers 0h30, alors que Manu et ses musiciens étaient montés sur scène vers 21h20. Vous avez bien lu : plus de trois heures de concert !!! Pour 30 euros !
Sachant que les concerts de Manu Chao ne ressemblent pas vraiment à une suite de ballades nonchalantes. Non seulement ce qui peut ressembler en studio à des chansons “d’ambiance” prend sur scène une dimension nettement plus agitée (suffit de voir la houle continuelle du public), mais en plus, le groupe enchaîne souvent les morceaux sans temps mort. Ceux qui ont vu de nombreuses fois la Mano Negra sur scène dans le temps n’ont pas été dépaysés.
Pour être tout à fait franc, mon fiston de 10 ans qui était avec nous (parents indignes !) commençait à accuser la fatigue au énième rappel… En l’occurrence, malgré les comptes-rendus que j’avais déjà lu ça ou là, j’ai quand même été bluffé quand Manu, aux alentours de minuit, est venu nous dire “bon, si vous voulez, on prend trois minutes pour accorder les guitares, et puis on vous joue quelques chansons de Sibérie m’était contée” !
Grande fierté de Viennois aussi, je confesse, d’entendre Manu lancer plusieurs fois “merci Vienne”. Oui, c’est puéril, mais bon… Je préfère ça que Laurent Gerra !
Au niveau des morceaux, gros patchwork de tous les albums de Manu, mais aussi du dernier de la Mano Negra : Casa Babylon, The Monkey (énorme !), Señor Mantanza, Machine Gun, Hambugers Field. Et aussi d’autres titres de la Mano, plus ou moins remixés : Mala Vida (sniff… leur premier tube), Sidi H’ Bibi, Peligro, King of Bongo (version “clandestino”) et un superbe “Le bruit du frigo”. Sans oublier le gimmick “Mano Negra -Patchanka” remixé à la sauce “Radio Bemba”, lancé de temps à autre pour éviter que la sueur ne sèche dans le public.
Autre titres marquants ? Pff… Il y en a tant. J’ai adoré Me Gustas Tu, Mr Bobby, Rainin in Paradize, El Viento, et tant d’autres…
Décor minimaliste (quelques projos et guirlandes et basta) : la vedette c’est clairement la musique.
Au niveau du groupe, beaucoup de plaisir à revoir Philippe Teboul aux percussions, qui officiait déjà à la Mano (c’est bien sûr lui qui est venu chanter “Sidi H’Bibi’ comme avant). Sinon, outre un batteur, un trompettiste et un bassiste, mention spéciale au guitariste qui passe son temps à chauffer la salle, à prendre des poses à la Angus Young (AC/DC), quand il ne salut pas la fin d’un morceau comme s’il venait de marquer d’une reprise de volée en pleine lucarne !
Manu, dont les positions altermondialistes sont bien connues, n’a pas non plus hésité à rappeler son engagement contre la récente résolution “retours” du parlement européen (cf. mon billet d’hier) et à dédier une chanson à la France de Sarkozy (cf. vidéo de la Valse à sale temps sur Daily Motion).
Au niveau du public, enfin, j’étais sans doute trop près de la scène pour me rendre vraiment compte de l’ampleur de l’accueil. Dans la fosse juste devant moi, ça pogotait dur. Autour, ça dansait beaucoup sur les gradins. Ceci dit, ce n’était pas un public particulièrement homogène ou très jeune. Pas mal de quadragénaires comme moi, voire plus, et un peu de tous les milieux sociaux apparemment…
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juin 22nd, 2008 at 23:21
Manu Chao à Vienne : suite et fin. Le lendemain (Vendredi ves 19 h), Manu Chao a tenu sa conférence de presse au Boogaloo. Quelques privilégiés, habitués des lieux pour la plupart, ont vécu une petite parenthèse enchantée : un musicien faisait dédicacer sa guitare, les téléphones portables immortalisaient le moment, Manu Chao se prêtait au jeu en posant aux côtés de ses admirateurs ou en signant des autographes, et le grand moment fut lorsqu’il a pris une guitare et chanté dans la rue !
Mais la magie de cet instant tenait en ce qu’il était devant nous ce que l’on imaginait de lui : quidam du monde, guitare sous le bras, rencontrant les “croisés portes et fenêtres” du Nord et ceux du Sud. Soleil, terrasse, rue : c’est ça son pays !
Je note aussi la satisfaction que j’avais de reconnaître dans l’assistance, des membres de la LCR, des Verts - et avec moi-même - la gauche viennoise dans sa diversité se retrouvait encore autour de symboles de valeurs fondatrices humanistes.