Besoin de gauche

Congrès du PS Ajouter un commentaire

Le congrès du PS démarre véritablement en ce moment, avec le bouclage des “contributions“. C’est le tour de piste durant lequel chacun aligne ses idées et ses premiers soutiens, avant la phase des motions qui seront soumises au vote des adhérents. Durant cette période, on a de l’extérieur l’impression de rivalités et de combats sanglants. En fait, si la polémique peut faire rage, elle n’empêche pas les militants de se retrouver ensuite ensemble sur l’essentiel. C’est encore plus vrai au niveau local, où les socialistes Viennois n’exprimeront sans doute pas tous les mêmes préférences, ce qui ne les empêchera pas de continuer à militer ensemble sans encombre. C’est sans doute là une caractéristique de la gauche : on peut débattre sans concession entre nous, sans avoir besoin, comme Remiller en son temps, d’aller prendre un conseil municipal en otage pour se venger ! (cf. sa fausse démission en 2004).

Pour ma part, après beaucoup d’hésitations et après avoir lu le projet de texte, j’ai choisi de me joindre à la contribution besoin de gauche.

J’ai en effet attendu d’avoir lu les esquisses de textes pour me déterminer, car le choix ne me paraissait pas limpide. Comme personnalités, des gens aussi différents que Delanoë, Moscovici, Aubry voire Dray me paraissaient pouvoir faire des premiers secrétaires efficaces.

Par ailleurs, je me voyais mal choisir aujourd’hui un candidat pour 2012, tant l’exercice me paraît malsain et hasardeux. Il suffit de se rappeler comment les socialistes, voilà deux ans, ont plébiscité Royal sous la pression de sondages “unanimes”…pour se retrouver bien marris une fois l’élection venue !

Pourquoi “besoin de gauche” ?

La raison majeure ce sont les idées ; la contribution pose bien l’enjeu essentiel : construire une nouvelle gauche au niveau européen face au naufrage de la social-démocratie traditionnelle, là où trop d’autres textes donnent l’impression de se regarder le nombril ou de pérorer sur le Parti socialiste comme si rien n’avait changé depuis quinze ans.

Cet apport intellectuel n’est pas étonnant puisque le texte émane de Socialisme et Démocratie (le courant créé par DSK), et de Rénover (le courant d’Arnaud Montebourg), qui sont deux des rares courants à apporter des idées un peu fraîches dans le PS depuis quelques années. Or, je pense que le PS a plus besoin d’idées novatrices et de dirigeants qui travaillent, que de je ne sais quel leader charismatique auto-proclamé qui cherche à faire le pendant de Sarkozy à gauche 1.

Pour le reste, je ne me suis pas intéressé plus que ça aux aspects tactiques et aux manœuvres de courant. Depuis 6 ans, je n’ai plus participé à une quelconque réunion de courant, car j’ai décidé de ne m’intéresser plus qu’au fond. N’étant pas à l’affut d’un mandat ou d’un poste, passer du temps dans des réunions tactiques sans enjeux autres que de servir de soutier à quelques barons locaux ne m’intéressait pas. De même que je ne me voyais  plus accepter des compromissions idéologiques qu’on justifie toujours par des intérêts dits supérieurs. C’est pourquoi je me suis tenu à l’écart de cette comédie qu’on a appelé le Congrès du Mans en 2006 et dont on a vu le splendide résultat…

Mon choix a aussi été facilité par les autres offres présentes dans le PS.

Sachant que je rejetais d’entrée la démarche de Ségolène Royal visant à présidentialiser le PS et que je ne me reconnais pas dans l’aile gauche du PS, j’ai regardé du côté de tout le reste, ce qui est déjà pas mal.

J’ai déjà expliqué avoir été déçu par les premiers textes de Bertrand Delanoë, qui me semblent singulièrement manquer de souffle. J’ai participé au Congrès de Rennes en 1990, dans les rangs des partisans de Lionel Jospin. Or, en lisant le texte de Delanoë, j’ai eu l’impression qu’il aurait pu être écrit il y a 15 ans, comme si de rien de fondamental ne s’était passé entre-temps ! Je ne pense pas que le congrès de Reims puisse être la revanche posthume de Rennes, avec un attelage jospino-rocardien enfin triomphant. Par ailleurs, je trouve gênant que d’un côté on parle non-cumul de mandat et pas d’alliance avec le Modem, et que de l’autre on organise le ralliement d’élus rocardiens historiques, dont Michel Destot, notre ami député-maire de Grenoble, qui a accueilli le Modem sur ses listes aux municipales… Vous avez dit “clarté” ?

Quant à François Hollande, sa démarche est une caricature de ce qui mine notre Parti. Le Domenech du PS est en effet toujours aussi habile à esquiver d’un bon mot son bilan à la tête du PS, pour rebondir une nouvelle fois. Ainsi, il n’hésite pas actuellement à proclamer qu’il défendra ses idées dans le congrès. Enfin, ses idées…

En fait, Hollande invite ses “partisans” à signer non pas un texte (dire ce qu’on pense, ouh, là, là, trop dangereux…), mais une démarche à partir de 10 “questions”, d’une banalité par ailleurs navrante. Signez, je m’occupe du reste ! Il est déjà concentré dans l’étape suivante : comment continuer à endormir tout le monde pour peser dans le jeu. D’autres “leaders” ont souvent fait de même, en demandant d’abord qu’on rejoigne leur “démarche”, avant de faire un texte. Moi, les chèques en blanc, ce n’est plus mon truc.

Pendant que j’y suis, j’invite les adhérents du PS à signer cet appel pour un mandat parlementaire unique. C’est utile, moral, et ça permettrait peut-être à nos “grands” élus de participer enfin avec les militants “de base” aux réunions du Parti dont ils sont membres, au lieu d’être la plupart du temps “retenus par d’autres obligations” comme on nous explique si souvent en conseil fédéral de l’Isère…

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3 commentaires to “Besoin de gauche”

  1. laurent duclot Dit:

    Tout pareil ! j’ai pour les mêmes raisons que toi, fait le choix de Besoin de Gauche. Ce texte et cette démarche sont une base pour répondre au besoin de renouvellement de nos fondamentaux, de nos idées et de génération. Il remonte des sections une vraie demande de débats. Le PS a besoin de résoudre son problème de leadership, mais en commençant par cette question on prend le risque de rejeter la question de la rénovation sine die.

    Amitiés, Laurent

  2. Olivier Rey Dit:

    En voulant corriger une faute d’orthographe dans le billet d’Asse42, j’ai bêtement supprimé son commentaire (il suffit de glisser de quelques mm et on clique “supprimer” au lieu “d’enregistrer” le commentaire après modif…).

    Bon, ce n’est pas un drame, vu que ce supporter de S. Royal a déjà posté environ 1500 messages sur tous les sites de France pour dire tout le bien qu’il pensait de l’ancienne candidate aux présidentielles, mais bon, j’ai pas fait exprès pour une fois…

  3. Eric Dit:

    Bonjour Olivier,

    Je ne partage pas, hélas, ton enthousiasme.
    Ce n’est pas que ce texte soit mauvais, c’est plutôt que je le trouve creux comme toutes les “contributions” que j’ai parcouru …
    Bref, ce n’est pas ça qui va permettre le moindre choix, mais si on a de la sympathie pour Moscovici et consort (ce qui est plutôt mon cas), on peut y trouver quelques intérêts.

    Le problème c’est que la question du leadership (pour ne pas dire candidat) n’étant pas tranchée, ces contributions se limitent à des discours sur le discours et évitent soigneusement tout sujet polémique pouvant effrayer le militant (éducation sans évoquer la sélection, rien sur les équilibrages financiers, rien sur l’immigration, des vœux pieux pour l’Europe mais rien sur la méthode …).

    Je persiste à penser que choisir le plus tôt possible un leader est indispensable pour aborder enfin les vrais questions (pas celles qui nous rassemblent, celles qui ne doivent plus nous diviser) et si cela est repoussé sans fin : c’est Sarkozy lui-même qui finira par choisir un candidat à sa main avec des tonnes de sondages réalisés par une presse favorable : les autres n’existeront même plus …

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