Une visite très peu triomphale de Sarkozy à Vienne

Politique Viennoise, Politique nationale Ajouter un commentaire

Malgré un dispositif policier impressionnant, le passage de Nicolas Sarkozy place Miremont n’a pas donné lieu aux manifestations de joie qu’a cru voir le Dauphiné Libéré : aussi bien sur la vidéo mise en ligne par le quotidien que sur les diverses vidéos qui commencent à être consultables sur le net, on entend nettement plus de huées et de protestations que d’applaudissements !


Sarkozy a Vienne
envoyé par exode38
Un accueil “mitigé” comme l’a souligné France 3 !

Pour l’occasion, on remarquera la promptitude du Dauphiné qui ne met en ligne d’habitude que ses articles très parcimonieusement mais qui cette fois n’a pas hésité à se mettre en quatre pour honorer le Président de la République, jusqu’à mettre en ligne le compte-rendu avant même l’édition du lendemain ! Saluons donc le Dauphiné libéré de toute pudeur journalistique…

Il y a quand même des journalistes qui font aussi leur travail et ne se sont pas contentés de rester dans le cortège officiel. Ainsi, Libération Lyon a photographié la répression “préventive” contre les contestataires potentiels. On peut voir aussi un joli reportage photo sur le petit Nicolas à Vienne (dont est extraite la photo qui clôt cet article).

Toute cette agitation a du bien occuper J. Remiller, qui n’était donc pas à l’assemblée nationale où ses collègues UMP se ridiculisaient en se faisant battre sur le projet de loi scélérat sur les OGM : voilà la bonne nouvelle de la journée, qui était d’ailleurs à la une des flashs radios, reléguant plus loin la visite de Sarkozy “dans la Vienne” (sic, sur France Info) !

Pour le reste, le chef de l’Etat a défendu son projet de loi de modernisation économique, en expliquant en gros qu’en “libérant” les grandes surfaces on va faire baisser les prix. Les “petits” commerçants apprécieront. Les consommateurs aussi, qui ont compris depuis longtemps qu’une fois les concurrents “cassés”, les Carrefour, Leclerc et compagnie sauront très bien imposer les marges qui les arrangent…

Stefan : un cliché du reportage sur la visite du petit Nicolas.

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11 commentaires to “Une visite très peu triomphale de Sarkozy à Vienne”

  1. Vienna Vox Populi Dit:

    L’accueil était tiède mais loin de la bronca qu’annonce certains …

  2. jeunes militants viennois (lcr, jcml, fse) Dit:

    Au pays des amis du Dalaï Lama, quelle liberté ?

    Le grand défenseur des droits de l’homme et du Tibet, Jacques Remiller, révèle jusqu’où son attachement à la liberté peut aller. Lorsque Nicolas Sarkozy vient lui rendre visite, il décide de tout repeindre en bleu.
    Et par là même de traquer tout ce qui est rouge.

    En effet, le Président Français Sarkozy était venu à Vienne ce Mardi 13 Mai :

    Nicolas Sarkozy se rendra à Vienne, pour visiter l’usine Yoplait (située dans le quartier d’Estressin) pourrait être l’un des sites retenus à Vienne. Selon le Dauphiné : ” Le chef de l’État, en plus de ses visites sur le terrain, serait ainsi amené à rencontrer des chefs d’entreprises locales issus du commerce et de l’artisanat. (…) (….) On sait toutefois qu’outre Christine Lagarde, trois autres ministres, dont Luc Chatel (secrétaire d’État à l’Industrie et à la Consommation, porte-parole du gouvernement) et Hervé Novelli (secrétaire d’État au Commerce, à l’Artisanat, aux Petites et Moyennes Entreprises, au Tourisme et aux Services), devraient être présents. À Vienne, l’ancien maire de Neuilly retrouvera Jacques Remiller. Le député-maire de Vienne avait été l’un des premiers parlementaires UDF à rallier les rangs de l’UMP, en 2002. (…).”

    Thierry Kovacs, l’adjoint au maire, a invité les sympathisants à venir acclamer Sarkozy à la salle des fêtes, place Miremont, à 11 heures.

    Il est intéressant de noter que seuls les sympathisants son invités à l’acclamer, désormais, il n’est plus que le représentant de ses sympathisants, non plus d’un pays.

    Cela nous amène donc à la superbe chasse aux sorcières orchestrée par les pouvoirs locaux. Ainsi, plusieurs arrestations sont faites, sur désignation des agents des Renseignement Généraux tout d’abord, puis directement toute personne qui ne prendrait pas part à la grande liesse « populaire » entourant le président. Ainsi, plusieurs membres d’organisations politiques ou syndicales sont arrêtés, en plus de simples personnes dont le teint ne s’accordait probablement pas avec le décor souhaité par les organisateurs. Des membres des organisations suivantes, FSE (Fédération Syndicale étudiantes), JCML (Jeunesses communistes Marxistes Léninistes), et LCR ont été embastillés pour la durée du séjour du président « des français ». Pour ceux qui échappent aux rafles, ils sont refoulés hors des lieux de passage du noble sire, pour éviter qu’il ne perturbe sa visite de Vienne.

    La ville était repeinte en bleu (déjà qu’elle l’est en temps normal). Un premier cordon fouillait, refoulait, ou non, intimidait, en clair, puis un deuxième se tenait dans les ruelles attenantes à la place ou Sarkozy a débarqué, et enfin, des barrières derrières et des barrages de police isolaient le trajet direct de Sarkozy : pour passer derrière, on devait avoir une INVITATION, un certificat d’appartenance à la bonne société locale. (Une des personnes arrêtées)

    J’ai passé deux heures et demie en garde à vue parce que je portais deux affichettes format A4 avec les phrases suivantes : l’ordre mon cul, la liberté m’habite / certains l’ont choisit d’autres le subissent. (Une autre arrêtée)

    Au bout d’un moment, on pouvait compter 200 à 300 personnes s’opposant à la venue du Président. L’ambiance était tendue, des militants CGT s’étaient déjà faits refouler par les CRS - l’un d’eux se serait même fait arrêté. Les RG n’étaient pas discrets (ils prenaient leur photos avec leur portables high-tech), la BAC (plus d’une vingtaine) non plus - mais on va dire qu’ils sont pas là pour être discrets. Des tireurs sur le toit de la salle des fêtes. (Un passant)

    A propos de ces arrestations, les policiers n’ont pas été capables de fournir le moindre motif les justifiant. Même une organisation aussi puissante que la CGT s’est faite repoussée de la place Miremont dont Jean-Michel Rabut, un des dirigeants locaux. Les élus PCF, pourtant tout aussi légitimes que le Député-Maire de Vienne, Jacques Remiller, furent écartés. Ainsi, alors que le puissant homme serait les mains de ses soutiens, la Brigade Anti Criminelle menaçait des lycéens, les insultant en leur intimant de ne pas bouger, une lycéenne à ainsi été insultée, « Ta gueule petite conne » et entraînée à l’écart des notables et autres bourgeois. D’autres actes de violence ont été commis par les pro-gouvernement et les CRS à l’encontre d’individus qui ne correspondaient pas aux genre de personnalités souhaités dans le sillage d’un président « démocratiquement » élu. Le président lui même, essuyant un refus lors de la poignée de mains, à attrapé le lycéen par les épaules et l’a menacé. L’action à été filmée, nous mettrons à disposition dès que possible cette vidéo.

    Beaucoup de monde était systématiquement fouillé. Une personne se fait embarquer au commico parce qu’elle avait sur elle des tracts appelant au contre-rassemblement, ainsi que des affiches et des autocollants LCR. Peu après, deux autres personnes se font embarquer, après fouille, l’une pour avoir des tracts et des affiches, soit-disant insultantes (”Sarokzy, chien de la bourgeoisie”), l’autre pour rien ! Leurs camarades sont également fouillés. Une personne est directement menacée par la BAC (”Toi, t’as intérêt à partir maintenant” ou quelque chose du genre). Menaces de plainte pour “incitation à l’émeute” envers ceux qui protestent trop bruyamment contre les interpellations. D’autres sont littéralement extirpés hors du rassemblement, sans être ni fouillés ni interpellés. Certaines personnes sont interpellées au motif qu’ils ont scotchés sur eux-mêmes des affiches anti-Sarko. Une personne est violemment plaquée au sol, puis embarquée. Les keufs ont tout fait pour que les interpellations ne soient pas publiques, cela aurait augmenté la tension vis-à-vis du rassemblement d’opposition.
    En tout, un peu plus d’une dizaine d’interpellations, dans la limite du possible en secret. Aucun motif réel. A chaque demande de motif, des “on a pas à se justifier”, à chaque remarque comme quoi transporter des tracts et des affiches n’est pas illégal, des “on connaît la loi, c’est nous qui la faisons respecter”, mais quelle loi ? : “On a pas à se justifier !”…
    (un passant)

    Triste épilogue, alors que la plupart des arrêtés ont été libérés, certains auront droit à un « rappel à la loi ». Nous lançons donc un appel aux juristes pour qu’ils veuillent bien nous expliquer quelle loi à été violée.

    …Selon l’ordre public, je n’ai pas le droit d’exprimer mon opinion personnelle en la présence du président de la République Française, je suis accusée de troubles à l’ordre public, je n’ai pas eu de récépissé de mon arrestation et je n’ai pas obtenu de double de ma déposition au commissariat. (Idem)

    Nous, jeunes militants, ne sommes pas étonnés de l’attitude des forces de l’ordre et des élus pro-gouvernementaux vis-à-vis des populations locales. Malgré une façade pseudo-humaniste qu’ils s’obstinent à conserver en participant de manière hypocrite à des manifestation de soutiens aux droits de l’Homme, ils sont toujours prêts à violer la légalité et les droits pour protéger leur pouvoir, prêts à menacer, à saisir des tracts, à tuer la démocratie qu’ils prétendent représenter. Ils ont encore une fois montré ce que sont les limites de la démocratie bourgeoise. Nous n’avons rien à attendre de ces individus dont la seule motivation est de maintenir un pouvoir basé sur l’exploitation et le vol. Il est inquiétant de voir que la menace de ces quelques individus autorise un tel déploiement de forces et une telle violence. Quelque jour après l’anniversaire de l’écrasement du fascisme, on ne peut que constater que ses effluves nauséabondes sont encore dans l’air, et nous rappellent peut-être même plus un autre 8 mai, en Algérie…

  3. Martine Dit:

    L’accueil était très hostile et j’étais étonnée du nombre de personnes ayant plutôt l’âge de la retraite et qui étaient venus pour conspuer notre (très) cher président.

  4. Une Viennoise en Amazonie Dit:

    J’ai adoré ces belles rues viennoises, vides…. Pour compléter le tableau des visites présidentielles, un petit tour ici n’est pas inutile.http://www.oxygene.webou.net/oxygene/index.php?2008/02/17/294-breves-de-visite-prsidentielle

  5. robert Dit:

    Les siffleurs lors de son départ étaient… mineurs
    Et c’est vrai que les manifestants étaient absents…

  6. Rabut Jean-Michel Dit:

    Certains disent que cela ressemble à une dictature, je pense moi que ça ne fait pas qu’y ressembler, Le président a été hué malgré une mise en Å“uvre par les forces de l’ordre pour que cela n’arrive pas, tout ceci organisé de façon très méthodique, très organisée, rien n’a été laissé au hasard, ciblage des responsables d’organisations syndicales, de partis d’opposition, mise à l’écart, interdiction par les forces de l’ordre de se rendre Place Miremont, tous ceux qui ne sont pas venus pour l’applaudir sont refoulés à l’arrière. Il est impératif de ne voir devant, que des gens venus applaudir, c’est mieux pour les images qui passeront au JT.
    Je suis arrivé sur la place Miremont à 9h45, dès lors, les agents des renseignements généraux de Vienne, ainsi que le sous préfet sont venus immédiatement nous rencontrer, en nous indiquant qu’ils n’accepteraient aucune manifestation, qu’il ne nous permettraient pas de rester au premier rang, que dès que nous serions un petit groupe il nous feraient dégager. Effectivement 10h15 alors que nous étions une dizaine de militants CGT sans drapeau ni signe distinctif, alors que nous discutions tranquillement, les forces de l’ordre sont venues nous voir et nous ont demandé de les suivre gentiment, sans faire de problème, pour un soit disant contrôle d’identité, bien que les renseignements généraux nous connaissent très bien, face à notre demande de faire ce contrôle d’identité sur place, les forces de l’ordre ont proféré des menaces, “soit vous nous suivez gentiment soit ça va mal se passer »
    Une seule réelle volonté, nous mettre à l’écart.
    Nous avons donc fini par accepter de les suivre à l’écart, ou après une fouille, ils nous ont signifié l’interdiction de retourner place Miremont, ils ont ensuite fait placer une rangée de CRS devant nous.
    Face à notre demande d’explication, la seule réponse a été « on ne fait qu’appliquer les ordres ce n’est pas la peine de parler avec nous ».
    Quant à la presse, alors qu’un journaliste du Dauphiné a suivi d’un bout à l’autre cette scène, rien ou presque dans l’édition du lendemain.
    Après cela, quelle crédibilité peut avoir ce Gouvernement pour donner des leçons sur les droits de l’homme en Chine.
    Sommes-nous encore en démocratie !!!!
    Jean Michel RABUT Responsable CGT sur Vienne.

  7. caserio Dit:

    Nous avons reussit ma copine et moi, à déployer le drapeau anar sous le nez du petit Nicolas, même si un CRS nous l’a tres vite arraché! Pas grave j’en avais deux…

  8. William Dit:

    De manière systématique, toute personne ressemblant de près ou de loin à un membre d’une organisation politique ou syndicale, était écarté. Lorsque mes collègues de la section de Rousillon du PCF sont arrivé, ils n’ont pu accéder à la place même la première adjointe de Rousillon. Quel pays ne respecte même pas ses élus parce qu’ils n’ont pas la belle couleur bleu de l’UMP? J’ai moi même eu un mal de chien a entrer sur la place (environ trois quart d’heure de négociations avec un lieutenant des CRS). C’est ça la démocratie? pas sur… Rien qu’à voir les blog de droite, qui se félicitent de l’acueil amical des viennois pour le président. La désinformation est l’arme des dictateurs…

  9. Mourad Dit:

    J’ai fait le choix de ne pas venir, je ne le regrette pas.J’ai même fait le choix de ne pas commenter cette visite sur mon blog, je ne le regrette pas non plus.Pour moi c’était un non-événement.
    Ce qui s’est passé était prévisible.

  10. Anecdote71 Dit:

    Qui va encore nous faire croire que nous sommes un pays de libertés où les médias ne subissent aucun (auto)-censure?
    … penses comme tes dirigeants et tu seras libre?

  11. DELUI Dit:

    Quand J. Remiller joue le défenseur des droits de l’homme en brandissant le drapeau du Tibet, alors qu’il n’est pas capable de balayer devant sa porte . . . Je me dis qu’en effet nous sommes pris pour des veaux, sans parler de l’attitude de certains journaux locaux qui se couchent devant cette hypocrisie.

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