Écouté ce matin un sympathique reportage de Pierre Christophe sur France Bleu Isère, sur le mai 68 « ouvrier» à Roussillon. On peut l’écouter ici sur le web ainsi que d’autres reportages évoquant le joli mois de mai d’ il y a 40 ans dans le département. Utile pour se rappeler que pour la plupart de nos parents (oui, moi je n’étais qu’un bambin alors…), ce mouvement social n’était pas une récréation intellectuelle dans le quartier latin, comme on trop souvent dépeint cet évènement, mais bel un bien un combat social qui a eu des répercussions profondes et positives pour leur travail.
Ce sont ses souvenirs qui ne doivent pas plaire à Sarkozy et à ses émules locales, eux qui se sont épanchés sur la nécessité de « rompre» avec Mai 68. Remarquez, quand on observe ce gouvernement, c’est aussi bien avec les acquis sociaux qu’avec la République gaullienne qu’ils engagent la rupture. Pas un jour sans que l’on revienne sur une protection ou un mesure sociale parfois adoptées il y a des dizaines d’années, pendant que que le chef de l’État va à l’étranger flatter les régimes autoritaires de tous bords, quand il n’est pas occupé à cirer les pompes des États-Unis.
Et puis il y a des combats majeurs pour le gouvernement : ce matin, j’ai ainsi entendu aussi qu’on allait mieux contrôler les détenteurs du Livret A, pour démasquer les grands profiteurs qui en détiennent plus d’un contrairement à ce qui est autorisé. C’est sûr que les grands tricheurs de notre société sont parmi les détenteurs de Livret A plutôt que parmi ceux qui sont à l’abri du bouclier fiscal, ceux qui ont des comptes au Lichtenstein ou en Suisse, ceux qui dans les banques ont spéculé sur les « subprimes» américaines et vont maintenant pleurer auprès des États pour éponger les dettes, ceux qui décident de délocaliser des centaines d’emplois histoire de rajouter quelques zéros à leurs dividendes d’actionnaires, tous ces patrons du CAC 40 qui obtiennent des pourcentages d’augmentations annuelles de rémunérations à deux chiffres à chaque fois qu’ils ont réussi à refuser une augmentation de 20 euros à leurs employés…
La grande victoire de la droite ces dernières années, c’est d’avoir réussi à faire croire aux salariés, qui ont parfois eu quelques miettes des festins du capitalisme financier, que ce qui les menaçait dans leur confort précaire et relatif c’était le salarié d’en dessous, le plus pauvre ou l’immigré, voire celui d’à côté, qui a trop de congés ou trop de primes.
C’est un peu pour tout cela que je suis allé faire un tour hier, 1° mai, à la manifestation organisée par les syndicats de Vienne devant l’Hôtel de Ville.
Cela fait du bien de se retrouver entre gens qui considèrent que cela ne va pas de soi que les richesses se concentrent de plus en plus dans les mains d’une minorité !
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