La question des alliances a fait couler beaucoup d’encre à Vienne lors des municipales, comme elle ne manquera pas d’en susciter lors de la préparation du congrès du Parti Socialiste au niveau national.
A Vienne, certains ont voulu maintes fois “refaire le match” après le deuxième tour. Et si la liste Cédrin avait fusionné avec la liste Laignel ? Et si les Verts et la LCR avaient fusionné avec la liste Laignel ?…
C’est toujours facile d’avoir le bon “coaching” après coup. Je ne peux que répéter ici ce que j’ai dit à mes colistiers le lundi 11 mars au soir, quand nous étions tous réunis par Sylvain Laignel pour discuter de la stratégie à mettre en Å“uvre : quelle que soit la position adoptée, je suis bien incapable d’affirmer quelle aurait été la meilleure solution en termes électoraux. Finalement, adopter une conduite conforme aux principes affirmés à l’origine, sans alliances négociées dans les couloirs à la dernière minute, permet au moins de garder la tête haute quelles que soient les circonstances.
Dommage que les Verts, qui avaient d’eux-mêmes choisi la stratégie “autonome” dès l’automne 2007, se soient cru obligés de se répandre sur le refus de fusion de Sylvain Laignel. Au nom de quoi aurait-il fallu improviser en quelques heures un discours commun (après quatre mois de silence radio) et écarter une dizaine de colistiers pour faire de la place à des candidats Verts et LCR… qui ne voulaient entendre parler que d’une “fusion technique“, c’est à dire sans accord sur le fond ?
Ceci dit, la question reste posée pour l’avenir.
Pour la grande masse des citoyens de gauche que nous avons croisé durant la campagne, ces questions sont en effet en-deçà des enjeux qui les préoccupent en matière de logement, de pouvoir d’achat, de transports, d’éducation, d’environnement ou encore de santé.
Ils ne comprennent pas ce qui légitime, sur ces questions, des candidatures séparées et concurrentes, au risque de permettre à Sarkozy, Remiller et consorts de continuer à mener leurs politiques nuisibles dans ces domaines.
Ils ne comprennent pas au nom de quels intérêts de boutique on peut les laisser encore pendant des années subir les politiques de coupes dans les dépenses sociales, d’allègement des impôts pour les plus riches, d’éducation à plusieurs vitesses et de soumission aux intérêts privés, y compris contre l’intérêt de la planète (cf. affaire Monsanto).
Quand on examine par exemple la politique du logement des mairies de droite et celle des mairies de gauche, il n’y a pas photo. De même qu’il n’y a pas photo quand on compare les gouvernements de gauche et les gouvernements de droite qui passent leur temps à remettre en cause les mesures de la gauche (elles n’étaient donc pas si à droite que ça…) !
Certes, si on met dans une même pièce le cercle des lecteurs du Monde Diplomatique et un aréopage de hauts-fonctionnaires admiratifs de Tony Blair, on risque de trouver des thèmes de polémiques. Comme dans toutes les familles, où l’on ne choisit pas toujours son beauf de service (je vous laisse attribuer les rôles)…
Mais l’essentiel est-il là ?
Allons plus loin : sur tous ces sujets, il y a certes des nuances et des appréciations différentes à l’intérieur de la gauche… mais ces différences ne sont bien souvent pas plus grandes entre le PS, les Verts et d’autres qu’à l’intérieur même de chacun des courants de ces mêmes formations politiques !
Parlons du fond, parlons concret, et on verra bien qui est vraiment plus à gauche ou plus à droite, qui est compatible avec qui !
C’est quand même un peu plus utile et plus urgent que de se demander qui doit être calife à la place du calife !
Au nom de quoi devrions nous privilégier cet individualisme qui divise nos rangs alors même que nous sommes rassemblés au nom d’une vision collective de la société ?
SI l’on est d’accord sur la nécessité de proposer une alternative réformiste à la domination du capitalisme financier international, on doit pouvoir se retrouver dans un parti de toute la gauche .
Oui, à Vienne comme au niveau national, je rêve d’un rassemblement de la gauche sur le fond, incluant les socialistes, les verts, les altermondialistes, les communistes et les républicains dits de progrès.
Sur cette base, on verra bien comment se positionnent les “centristes” de toutes obédiences.
Mais tout cela, c’est bien autre chose que la routine des arrangements de couloirs…
Certes, il restera toujours sans doute quelques militants “révolutionnaires” qui préfèrent ce qu’ils appellent faire pression avec le “mouvement social” plutôt que de se compromettre dans toute gestion locale ou nationale. Ceux-là , je souhaite simplement qu’ils se mettent au moins d’accord pour faire une formation unique, au lieu de recommencer les pitreries de la dernière présidentielle entre Bové, Besancenot, Laguiller et cie.
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avril 11th, 2008 at 21:04
Excellent billet.
J’en rêve aussi de ce grand rassemblement de gauche.
avril 15th, 2008 at 10:30
Ce rassemblement à gauche est possible, je l’ai proposé, désormais j’attend la réponse des autres formations de gauche.
avril 15th, 2008 at 15:22
A toutes fins utiles, je précise que William est un animateur du PCF Viennois (blog : http://sectiondeviennepcf.over-blog.com/ ). Autrement, on risque de mal comprendre qui est ce “William” qui interpelle tout seul les autres formations de gauche !