Quand je suis arrivé à Vienne voilà quelques années, on m’a présenté Malissol comme « la cité qui craint ». Débarquant alors de la Seine Saint Denis (le fameux département 93), où j’habitais depuis 16 ans entre La Courneuve et Bobigny, je m’attendais alors à découvrir quelques hautes barres HLM quadrillant un paysage morose de béton, sillonnées par des bandes hostiles.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir en lieu et place de la « zone » attendue, quelques immeubles de taille modeste, voisinant avec une ribambelle de petites maisons, le tout dans un paysage champêtre, dominé par la verdure !
Point de voie ferré, ni d’autoroutes ou de triste zone commerciale à proximité, mais juste un bois relativement bucolique et quelques champs.
Encore faut-il préciser qu’il y a plusieurs quartiers en un, qui accueillent environ 2000 habitants.
En descendant l’avenue Jean Monnet, il y a d’abord les dizaines de maisons colorées, parfois récentes, qui composent les hauts de Malissol, pas loin des stades et la nouvelle maison de retraite dite de « St Ignace ». Ensuite, autour de la place de la Ferme, on trouve l’essentiel des logements sociaux collectifs, construits lors de l’édification du quartier (et dont certains auraient besoin d’une bonne rénovation).
En descendant vers Intermarché et la Gère, on trouve d’une part les appartements plutôt coquets des Terrasses de Malissol et, d’autre part, des maisons individuelles, également construites dans les années 70-80 je crois.
Disons le carrément : quand on se promène un jour ensoleillé de printemps dans les rues de Malissol, il est bien difficile d’imaginer que c’est dans le même quartier qu’on découvre de temps en temps des voitures en train de brûler (quand ce n’est pas l’école de la Ferme il y a deux ans).
Pourtant, on ne peut pas nier que de nombreux habitants, dans toutes les parties du quartier, confient volontiers leur envie de le quitter dès qu’ils en auront la possibilité, excédés par le « petit » vandalisme ou par le bruit les soirs de chaleur.
Dans le même temps, on rencontre aussi d’autres habitants qui s’y sentent très bien et qui n’ont pas du tout envie de déménager vers quelque résidence de standing.
Quoi qu’il en soit, on doit reconnaître l’existence de problèmes à Malissol, qu’on ne peut imputer à l’urbanisme ou à l’effet « ghetto ». La particularité de cette “zone urbaine sensible” réside moins, par ailleurs, dans son niveau social (voir aussi les chiffres de la délégation à la ville) que dans le taux élevé de jeunes de moins de 25 ans : 46.6 % !
De façon significative, l’école est loin d’accueillir une proportion d’élèves correspondante à la classe d’âge dans le quartier : nombreux préfèrent emmener leurs enfants dans d’autres écoles publiques (Paul Bert à St Benoît notamment) ou dans le privé.
Comme, par ailleurs, certains s’emploient à noircir le tableau, histoire de faire monter le sentiment d’insécurité (parfois politiquement si utile), le mythe grossit au delà du raisonnable : à plusieurs centaines de mètres à la ronde, au moindre bris de glace on suspecte « les jeunes de Malissol » qui n’en peuvent, mais…
Au fait, j’oubliais : c’est vrai que le problème est réglé depuis 2001, depuis que les socialistes laxistes ont été remplacés par les musclés de l’UMP. C’est sans doute pourquoi d’ailleurs les moyens pour l’accompagnement social ont diminué, n’est-ce pas ?
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avril 9th, 2008 at 15:47
faut pas exagérer c’est pas tous les jours la zone Malissol meme s’il y a une bande de merdeux qui empoisonnent parfois la vie.