Dans les petits papiers de Mucciante

Politique Viennoise Ajouter un commentaire

Comme promis dans le précédent billet, voici quelques sombres et récentes perles du sieur Mucciante dans La Tribune de Vienne, qui feraient passer le Figaro pour un journal d’opposition à Sarkozy !

Tribune du Vienne du 7 mars (n° 2427), avant le premier tour des municipales. Ultime présentation des quatre listes, sous forme de 3 points faibles/3 points forts, sous la signature de Mucciante.

Les points faibles de Remiller : il dit « oui » trop facilement (cqfd : il est trop bon), ne s’est pas toujours bien entouré (cqfd : pan sur Cédrin), n’a pas su toujours partager le pouvoir avec ses proches élus (cqfd : fallait pas oublier mon ami Kovacs). Les points forts : il est bien présent dans la ville, il a tenu ses engagements de 2001 (!), il semble n’avoir oublié aucune catégorie de Viennois (sic). Bref, un brave type qui doit juste être mieux entouré.

Du côté Laignel, ses points faibles : n’a pas fait ses classes dans l’opposition, ne semble pas assez présent sur le terrain, souhaiterait déléguer à son premier adjoint pour continuer à gérer son entreprise. Points forts : ne connaît pas d’usure politique, possède des facilités pour rassembler, son détachement naturel.

Traduction : n’a pas l’envergure et ne sera pas maire à plein temps.

Comme par hasard, exactement les rumeurs que font courir l’équipe UMP depuis trois mois.

Le pire étant quand même l’argument de l’entreprise : sans aucune vérification, Mucciante se permet de propager la plus calomnieuse des informations, alors qu’un simple coup de fil aurait suffit pour vérifier que Laignel avait déjà mis en place une organisation pour assurer la continuation de son entreprise avec des noms précis ! Mais cela, ça s’appellerait du journalisme, rien à voir avec le coup de main passé par le militant Mucciante à la campagne du maire sortant…

Au fait, cerise sur le gâteau, sur la même page, un article en dessous présentait complaisamment l’installation de caméras de vidéosurveillance par le maire, l’article commençant par expliquer qu’avant Remiller, Vienne était une des villes les moins sûres de France. La source : Remiller, évidemment…

Après une Tribune dégoulinant de soulagement le 21 mars, suite à la grande peur du dimanche soir (mention spéciale pour le « portrait » hagiographique de JR en dernière page, où le « Pipet » de la pensée donne ses leçons au monde entier), Mucciante retrempe son clavier dans le venin dès le premier conseil municipal (Tribune n°2430 du 28 mars 2008).

Il commente d’abord le départ de Laignel de la salle du conseil avant la réélection du maire : « On aurait pourtant aimé voir le perdant rendre un hommage fraternel au vainqueur (…) au moins reconnaître une défaite dans laquelle, paraît-il, l’on grandit. Mais c’est sûrement dans un autre monde. ». C’est vrai ça , Mr Mucciante, Laignel aurait pu venir s’agenouiller devant César Remiller et implorer votre pardon… Pour que ce soit clair, Mucciante fait aussi sienne les fortes paroles de Trouiller « même H. Desprès (FN) respectait mieux ses électeurs en présentant sa candidature (…) ». Ben voyons. Nous le savons que le FN vous a toujours paru plus respectable que la gauche, pas la peine de faire vos mijaurées…

Mais le plus beau est à venir. Dans un article partant du postulat qu’il « ne peut y avoir deux coqs de la même génération dans la « basse cour » socialiste viennoise » (quelle élégance, n’est-ce pas ?) , Mucciante lance son article en citant un illustre militant anonyme (!) comme quoi le grand gagnant de l’élection ce n’est pas tant Remiller que Mermaz, qui a réussi à installer son protégé Erwann Binet comme leader de la gauche viennoise, contre Laignel qui, un brin écœuré, aurait songer à se retirer de la vie politique au soir de la défaite. Ouf !

On ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer.

Outre le grotesque du témoignage (vous imaginez à quel militant ressemble ce socialiste qui estimerait quelques jours après une défaite aussi dure à avaler que le vainqueur c’est Mermaz !), le but du jeu c’est de reprendre la rumeur lancée par l’UMP depuis 2004, sur la grande rivalité Binet /Laignel.

Difficile en effet, pour l’UMP Viennoise, d’avaler la répartition des rôles à gauche depuis maintenant trois ans, entre deux leaders jeunes et talentueux, alors que Remiller passe son temps à se chicaner avec Kovacs !

Oui,vraiment, le monde de Mucciante est un autre monde. Sans doute le même où évoluent les Remiller Sarkozy et autres Carignon, avec leurs affidés.

Loin, bien loin d’une certaine éthique du journalisme…

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